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Dany Brillant fait le point sur ses 20 ans de carrière et nous emmène à "Saint-Germain"... (Interview)

19 Septembre 2012 - 08:00

20 ans ça se fête ! Surtout quand les bougies sont chargées de musique, de chansons et de voyages à travers le jazz et la musique latine. Quand les deux genres se rencontrent ça donne le Best Of de Dany Brillant "Viens à Saint-Germain"...


Dany Brillant fait le point sur ses 20 ans de carrière et nous emmène à "Saint-Germain"... (Interview)
Artiste à contre-courant, Danny Brillant a su imposer sont style « d'après-guerre » à travers les années. Arrivé au début des années 90, sur la scène française, le crooner ne s'est jamais renié et a toujours utilisé la même recette pour faire ses albums.

De la musique à l'amour il n'y a qu'un pas, souvent de salsa parfois de foxtrot. Deux genres qui passionnent le chanteur mais qu’il n’avait jamais réuni.

Alors pour fêter ces deux décennies le chanteur crée la rencontre entre le jazz et la musique latine avec « Viens à Saint-Germain », un album Best Of qui sortira le 24 septembre prochain. A cette occasion Dany Brillant a accepté de faire le point sur sa carrière et de nous dévoiler quelques surprises de cet étonnant Best Of.

Dany cette année vous fêtez vos 20 ans de carrière : Quel regard portez-vous sur ces 20 années ?

Je n’en reviens pas d’avoir tenu 20 ans dans ce métier très compliqué et en même temps très beau. C’est un métier magnifique mais un peu complexe. Je suis content d’avoir tenu avec la musique que j’ai toujours défendue ; avec laquelle je n’ai fait aucunes concessions. Je ne me suis jamais soucié de la mode ou des formats radios… J’ai fait la musique qui sortait vraiment de mon cœur, de ma sensibilité, c'est-à-dire une musique plutôt swing et latine. Et finalement d’avoir tenu 20 ans avec cette musique : j’en suis très heureux. Car cela veut dire que le public aime cette musique comme moi.

Comment s’est décidé le Best Of ?

On voulait sortir un Best Of car 20 ans ça se fête. 30 ans ça commençait à faire vieux chanteur et 10 ans, je trouvais que ce n’était pas assez. Je trouvais ça bien de fêter mes 20 ans, mais je ne voulais pas faire un Best Of qui soit une simple compilation. Je ne voyais pas l’intérêt, surtout que les gens peuvent le faire de chez eux maintenant. Alors j’ai simplement choisi 20 chansons parmi les 120 que j’ai écrite ; celles qui me plaisaient le plus, et je les ai réorchestrées avec le son d’aujourd’hui.

Comment s’est passé l’enregistrement ?

J’ai travaillé avec un orchestre que j’avais trouvé à Miami, qui est à la fois latin et swing.
J’ai réenregistré tous les titres, car je ne me reconnaissais pas trop dans les premières chansons. Je trouvais que ma voix avait changé : Avant j’avais une voix d’ado, plus aiguë, alors que maintenant j’ai une voix plus masculine, plus grave.

Ce Best Of a été l’occasion de retravailler, de réorchestrer et d’apporter un peu de nouveau et un peu de fraicheur à des chansons que les gens ont aimé, mais qui pour moi sont anciennes.


Comment s’est fait le choix des réorchestrations ?

C’est totalement égoïste et subjectif, j’ai choisi ce que j’aimais, j’ai rencontré un producteur américain qui s’appelle Angel Ruco Pena, qui a travaillé avec Ricky Martin, Marc Anthony, Gloria Estefan... Et je lui ai demandé de réorchestrer mes chansons avec son son. J’ai été satisfait sur presque toutes les versions. Il y en a certaines que je n’aimais pas, que l’on a refaite jusqu’à que ça me plaise. Finalement tout ce qui a sur le disque me convient tout à fait.

« Bambino » c’est ma madeleine de Proust »

Dany Brillant fait le point sur ses 20 ans de carrière et nous emmène à "Saint-Germain"... (Interview)
Aviez-vous des exigences sur les versions que vous vouliez donner à certaines chansons ?

Oui, j’ai donné un peu l’optique de ce que je voulais. Par exemple : « Saint Germain » était à la base une chanson enregistrée avec 4 musiciens dans une cave à Paris dans les années 90. Là je voulais que ce soit avec un grand orchestre de 40 musiciens pour retrouver un peu le souffle des grands orchestres de jazz des crooners.

Après il y a des chansons auxquelles je n’ai pas touché comme « Suzette ». Ça, je ne pouvais vraiment pas y toucher ! Donc j’ai mis l’original dans le Best Of, et pour apporter un éclairage différent, j’ai demandé à des DJ’s de me les traiter un peu électro.

Finalement je pense que tout coexiste assez naturellement, j’espère avoir trouvé une unité dans le son, qu’à l’écoute de l’album ça ne jure pas. Ça fait comme une synthèse de 20 ans, qui réuni sur cet album, un panel de tout ce que j’ai fait.


Pourquoi avoir choisi « Viens à Saint-Germain » comme titre d’album ?

« Viens à Saint-Germain » est la première chanson que j’ai écrite donc ça marque toujours. En plus elle a plu tout de suite au public du cabaret dans lequel je passais. Et puis, ce quartier m’a vraiment porté : C’est là que je suis devenu un artiste, c’est là où j’ai fait des rencontres, où j’ai commencé à créer, à rêver que je ferai ce métier. C’est Saint-Germain qui m’a tout apporté : J’y ai habité dans une chambre de bonne rue Saint-Père à la fin des années 80 pour y étudier la médecine.

J’y ai fait des mauvaises rencontres la nuit : des musiciens, des philosophes. Il y a trois cafés : Les Deux Magots, la Brasserie Lipp et Le Flore où tout se fait : Les échanges entre les amis, leurs copains... C’est là la terrasse du café de Flore que j’ai commencé à chanter en 86.
Tout a démarré comme ça, et j’ai senti que ma voie était là.


Que pourra t-on découvrir dans ce Best Of ?

On pourra découvrir que ma musique est l’union du Jazz et de la Salsa, on découvrira vraiment ces deux genres, car ils m’ont passionné pendant ces deux décennies. D’ailleurs j’ai été enregistrer dans les berceaux où sont nées ces musiques : J’ai été à la Nouvelle-Orléans, je suis allé à Cuba et Porto-Rico aussi pour essayer de chercher des sons. et ce Best Of est la synthèse de ces voyages et de mon engouement pour le jazz et la salsa.


Pouvez-vous nous dévoiler quelques surprises ?

On va découvrir des tubes mais aussi des chansons que les gens connaissent un peu moins (comme « la nuit est à nous », « c’est toi », ou encore « quand le jazz »). Ce qui est intéressant avec un Best Of, c’est de faire découvrir aux gens des chansons qui sont passées inaperçues, c’est l’occasion d’aller au-delà des tubes.

Pourquoi avoir choisi des reprises comme titres inédits ?

"Bambino" car c’est la première chanson que j’ai écouté, que j’ai entendu, que j’ai apprise quand j’étais petit. C’est un peu ma madeleine de Proust. C’est à partir de ce titre que j’ai pris gout pour la chanson. En plus on m’appelait le petit bambino quand j’étais petit. C’est une chanson très importante, on est tout de suite pris quand on l’écoute.

Ce gout pour la chanson est née de « Bambino » donc ça me paraissait logique de la reprendre pour mon 20ème anniversaire. Ce titre me permet d’expliquer pourquoi j’ai fait autant de chansons : C’est en parti parce que Bambino était là (rire).


« C’est quand le jazz rencontre la salsa… »

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Pourquoi avoir choisi la salsa pour Bambino

Je fais toujours une reprise par album et là j’ai trouvé que traiter « Bambino » en salsa permettait de respecter le coté méditerranéen de la chanson, tout en la redécouvrant dans un tempo plus rapide que l’original de Dalida qui est plus lent.

Comment s’est décidé le choix du premier single ?

C’est la maison de disque qui a choisi ! Moi je fais l’album mais je suis incapable de choisir le single. C’est comme si on me demandait de choisir entre mes enfants, qu’on me demandait lequel je préfère… Ce n’est pas possible. Les chansons c’est pareil. Alors mon équipe a choisi ce titre car je fais pas mal de télés, et c’est celle qui s’y prêtait le mieux. De plus, il y a beaucoup de demande de nostalgie, de reprise… Et vu qu’il n’y a pas eu énormément de versions de « Bambino » s’était le meilleur choix pour défendre l’album. En plus elle me plait beaucoup.

Mais pour moi, les singles n’ont jamais été importants. Ce qui compte c’est la qualité artistique des albums : Aujourd’hui j’ai la chance que les gens connaissent ma musique, mon style donc ils n’attendent pas le single, ils savent ce que je fais et puis on ne peut pas dire que j’ai fait un virage à 360 degrés…


Vous êtes un homme de scène, comment allez-vous défendre le Best Of ?

Je ne sais pas encore car ma première scène est encore loin mais je vais essayer de chanter toutes mes chansons sur scène. J’en ai écrit une centaine.

Bien sur, je ne vais pas les chanter en entier, mais je vais essayer de trouver un système pour faire des espèces de medleys. J’ai envie que pendant 2h les gens écoutent 20 ans de chansons avec tout ce que j’ai fait, tout ce que j’ai écrit.


Comment allez-vous gérer les différents courants musicaux

Évidemment ce sera très « Saint Germain » très Jazz, très Swing, avec une formation de Jazz, des percussionnistes cubains. Je vais mélanger les deux genres, et retrouver sur scène ce que j’ai fait sur le disque. J’ai souvent fait des spectacles jazz (jazz à la nouvelle-Orléans) et après latino (Puerto-Rico). Mais là je vais vraiment mélanger les deux : C’est quand le jazz rencontre la salsa

Allez-vous continuer à faire danser votre public pendant les concerts ?

J’aimerai bien, d’autant que la danse est en train de revenir à la mode. Donc j’aimerai bien remettre du parquet et refaire des pistes de danse. Mais ce n’est pas adapté à toutes les salles : dans le zénith ça s’y prête mais pas dans les théâtres.

« Je pense que pour tenir 20 ans il faut être différent… »

Dany Brillant fait le point sur ses 20 ans de carrière et nous emmène à "Saint-Germain"... (Interview)
Vous avez toujours été un artiste à contre courant, c’est votre recette du succès ?

Je pense ! Parce que quand j’ai commencé à 20 ans, on me disait que j’étais à contre-courant, et que je n’aurai pas la chance de rencontrer le succès, parce que mes chansons seraient très difficiles à passer en radio, et encore plus à la télé, où là, il faut vraiment faire l’unanimité. On me disait que mon style n’était pas dans l’air du temps et donc on m’a reproché beaucoup ce coté à part que j’avais. Mais 20 ans après j’ai l’impression que les gens ont encore envie d’écouter ma musique, donc je me dis que ce que l’on m’a reproché a été finalement ma force. C’est ce qui m’a permis d’être spécial, à part, différent. Je pense que pour tenir 20 ans il faut être différent…

Est-ce que ces critiques vous ont influencé à un moment ? Auriez-vous pu vous renier ?

Je ne saurais pas le faire, je ne saurais pas chanter des choses qui ne me conviennent pas en pensant qu’elles vont toucher un grand public. Il faut que ma musique me fasse vibrer, que mon corps réagisse, qu’il bouge. Ou alors que ça touche mon cœur ! Chanter des choses pour rentrer dans un moule, dans un formatage, choisir tel ou tel ingénieur ou producteur afin de passer dans certaines radios n’est même pas imaginable. Moi mon truc c’est le swing, c’est Saint-Germain, c’est quand le Jazz a rencontré la chanson française entre 45 et 58. J’ai essayé de moderniser cette tradition et sorti de la je pense que je ne saurais pas faire…

Avez-vous des regrets ?

Mon seul regret c’est de ne pas avoir rencontré toutes mes idoles, parce que quand je suis arrivé ils étaient tous mort : Franck Sinatra, Dean Martin, Gainsbourg. J’aurais vraiment aimé les côtoyer.

Avez-vous réalisé des choses au court de votre carrière que vous ne pensiez pas réaliser ?

Je ne pensais pas pouvoir enregistrer dans tous les pays du monde : J’ai enregistré à Cuba, en Italie (dans les studios d’Ennio Morricone). J’ai enregistré 2 fois à la nouvelle Orléans, la première fois avant l’ouragan et la deuxième après. J’ai enregistré à Porto-Rico, à Londres. Enfin Je ne pensais jamais pouvoir faire autant de pays, c’est fou... En plus à chaque fois je trouvais le bon ingénieur, le bon orchestre, il y a même Harry Connick Jr., qui est aujourd’hui mon chanteur préféré qui m’a prêté son Bide-Band. Donc j’ai réalisé tous mes rêves musicaux et franchement quand j’ai commencé au petit club des 3 maillets devant 25 personnes, je ne pensais pas pouvoir faire tout ça. Je suis le premier spectateur de tout ce qui m’est arrivé…

Jennyfer Bedjai
Jeune journaliste, j'essaie au mieux d'écrire sur ce que j'aime, c'est à dire "La Musique". J'adore... En savoir plus sur cet auteur

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