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Soan : Rencontre avec un artiste touchant et sincère

7 Octobre 2013 - 10:00

Un an et demi après la sortie de son poignant second album, Soan revient aujourd’hui avec un nouvel album et à cette occasion nous sommes allés à sa rencontre pour un long entretien, tout en simplicité, où il se livre sans langue de bois sur son projet, sur les médias, sur le suicide et bien entendu la musique.


Soan : Rencontre avec un artiste touchant et sincère
C’est aujourd’hui que Soan a décidé de nous dévoiler « Sens Interdit » son troisième album. Un album toujours aussi puissant que les précédents, mais où Soan se renouvelle en explorant de nouveaux thèmes, avec une grande intensité, et une force comme seul cet écorché vif sait faire.

A l’occasion de la sortie de ce nouvel album, Soan s’est prêté au jeu de l’interview et a donc répondu aux questions de François Bertin pour un entretien à découvrir ci dessous

1) Un troisième album bientôt en bac, une nouvelle tournée, mais avant de parler de tout ça, dis moi tout simplement comment tu vas ?

Et bien je renais de mes cendres on va dire. J’essaye de passe à autre chose par rapport à l’album d’avant, donc ça va un peu mieux, du moins j’essaye d’aller un peu mieux mais c’est pas gagné. Mais je te rassure ça va (rires)

2) Une carrière sans embuche ou presque qui va prochainement déboucher sur la sortie de ton troisième album « Sens Interdit » et le point commun avec les deux premiers albums, c’est la puissance des textes et la force de l’émotion, d’où te vient l’inspiration ?

Je sais pas et c’est ça le problème. C’est tout mon drame car je ne sais pas du tout, d’où me vient l’inspiration. Je la cherche partout, dans le moindre coin d’un bar, dans le moindre coin d’une pièce, dans un pot de fleur, donc tu vois je la cherche partout. Finalement elle vient, en la cherchant.

3) A chacun de tes textes, on a l’impression que tu panses tes blessures, tes peines, tes souffrances. L’écriture est elle pour toi un exutoire ?

Mais totalement. Même quand tu écris pour d’autres gens, tu évacues forcément des choses qui débordent.

4) Souvent tes textes explorent des choses assez sombres, assez triste, est ce un reflet de ta personnalité ?

Oui complètement, même si je t’avoue que je ne suis pas le dernier à faire la fête, mais voilà j’oscille toujours entre les extrêmes.

Avec cet album, j’avais besoin de me recréer de l’envie

Soan : Rencontre avec un artiste touchant et sincère
5) la question à laquelle tu vas surement répondre le plus souvent durant la promotion c’est pourquoi avoir nommé ton album « Sens Interdit », moi j’aimerais savoir si en tant qu’artiste écorché vif, tu es prêt à prendre tous les sens interdits pour vivre ta vie vivre ta passion ?

Pas tous. Je suis prêt à prendre ceux qui me font vraiment envie. Je préfère aller à contre courant, si ça me parait plus logique que d’obéir. Après je ne le fais pas juste pour le faire, je suis pas non plus un petit rebelle, mais voilà, c’est pas parce qu’il y a marqué Sens Interdit qu’il ne faut pas marcher par là.

6) Il y a une réelle continuité dans tes albums mais comment jugerais tu ce nouvel album par rapport aux deux autres ?

D’une manière plus ludique. Celui-ci est vraiment plus marrant dans la manière où on l’a fait. Je suis arrivé en studio, je n’avais que cinq chansons, et je me suis lancé le défi d’en avoir dix très rapidement. Cela a été tellement douloureux sur l’album d’avant, que ce soit l’écriture ou l’enregistrement puisque j’étais en période de deuil, c’était très dur, et là j’avais vraiment besoin de faire un album entre pote, histoire de rigoler.

7) C’était donc une manière de changer totalement d’air, et donc de te libérer encore plus ?

Peut être, mais je ne cherche pas à me libérer, plus à évacuer, mais quand je fais un disque, je ne pense même pas à tout ça, j’essaye juste de suivre mon instinct, et cet instinct m’a dit que si je continuais comme ça, je ne ferais pas de vieux os. Avec cet album, j’avais besoin de me recréer de l’envie, car je n’avais plus l’envie de continuer à faire tout ça. J’ai réinventé ma façon de faire pour ne pas faire un album comme d’habitude.

8) Après un superbe album en hommage à ta meilleure amie, un premier sur les contours de la mort, tu sembles reprendre goût à la vie même si parfois tu démontes ses travers. Que s’est il passé pour retrouver cette envie de la vie et de l’amour ?

Je ne sais pas vraiment, je crois que c’est un instinct de survie. Au bout d’un moment tu te dis que tu peux pas crever sur scène tous les soirs.

9) Lorsque l’on te regarde, on devine quelqu’un de fort, un véritable écorché vif, et pourtant en regardant de près tes textes, on ressent une sorte de fragilité. Ton apparence ne serait elle pas une façade ou plutôt une barrière de protection ?

Certainement, mais après je pense que l’on peut être fort et fragile à la fois, il suffit d’être Kamikaze par exemple. Le destin d’un kamikaze est fragile, et je me sens un peu comme ça, car son destin est précaire. Je me sens dans une précarité du ressenti, c’est-à-dire que je peux passer du rire aux larmes très facilement si quelque chose me fait mal

J’ai l’impression d’être fort et fragile à la fois

Soan : Rencontre avec un artiste touchant et sincère
10) Si tu te sens Kamikaze, pour moi tu as donc fait sauter cette barrière de protection sur mon titre coup de cœur de l’album « Conquistador ». Est-ce que tu peux nous explique la genèse de ce titre ?

Au départ c’était basé sur un message de style, où il y avait le côté, s’adresser à sa mère, avec le concept « Ecoute ceci cela », et ses petites choses t’aident à écrire une chanson. Et puis c’était aussi un petit clin d’oeil à Jacques Brel qui chantait « Eh Man, faut pas pleurer comme ça ». C’était une époque, où j’écoutais beaucoup de chansons françaises, et ce titre, je n’ai pas mis longtemps à l’écrire, en revanche j’ai mis très longtemps à trouver la bonne version. Ce titre je l’avais déjà bien avant la Nouvelle Star.

11) Finalement tu es un « Conquistador » au cœur tendre…

Oui mais comme disent les Chinois, « L’Homme fort, ce n’est pas celui qui ne tombe pas mais c’est celui qui se relève ». J’ai l’impression d’être fort et fragile à la fois et j’ai pas du tout l’impression que ce soit incompatible. Et franchement en dehors de cette interview, je ne réfléchis pas autant ça (rires)

12) Aujourd’hui avec le recul, as-tu quelques regrets dans ta carrière ?

Je pourrais si je creuse, mais je me dis que si j’ai fait les choses comme ça, c’est qu’il fallait les faire ainsi. J’ai plus de regrets sur les incompréhensions des gens, ou sur des mensonges qui ont été racontés sur moi. Des regrets si j’en ai, c’est comme pour un album, s’il ne me plait pas je le brule et j’en fais un autre. Je préfère vraiment passer à autre chose

13) Si par magie tu pouvais revenir en arrière changerais tu quelque chose à ta carrière ?

Dans ma carrière pas grand-chose. Peut être la manière de dire les choses à certains moments. Je pensais que les gens allaient faire « l’effort de » mais non et quand tu te retrouves à parler avec une personne qui ne fait pas l’effort, et bien tu peux vite passer pour un cingler. J’aurai peut être pu voir au-delà de l’aigreur des personnes qui m’ont interrogé.

14) Si je comprends, tu trouves qu’à une certaine période tu as été trop « Brut de décoffrage »…

Non, je dirais que j’ai été un peu trop franc. On ne peut pas tout dire tout le temps. Je n’étais pas adapté à ce milieu. Je n’avais jamais évolué dans ce cadre là avant, moi c’était les petits bars de quartier, où on dit des conneries, où on parle et on rit fort. Je pense que j’aurais pu faire gaffe avec qui je parlais, mais aussi faire attention aux vices des gens, car j’ai toujours eu l’impression qu’avant tout quand je parlais avec les journalistes ou les mecs de maison de disque, je parlais avec des êtres humains, mais avec certain ce n’était pas vraiment le cas.

j’ai vraiment vécu des choses intenses grâce à ma non-mort

Soan : Rencontre avec un artiste touchant et sincère
15) Tu as souvent été décrié par certains journalistes qui n’ont jamais écouté ta musique. Aujourd’hui avec trois albums au compteur, des concerts à guichets fermés, et une belle réussite, qu’est que tu leur dirais ?

Je ne leur dirais rien car ces gens ne m’intéressent pas ! Si je devais vraiment leur dire une chose ce serait « Putain c’est dommage car on aurait vraiment pu se rencontrer »

16) Si tu avais un seul Merci à dire, à qui le dirais tu ?

A moi ! Merci de ne pas t’être suicidé, car j’ai vraiment vécu des choses intenses grâce à ma non-mort.

17) Tu veux dire que depuis le début de ta carrière tu y as pensé..

Oui mais même avant. Ce n’est pas lié à ma carrière, mais j’ai bien fait d’y croire et de me relever quand je tombais.

18) Rassures moi quand même, tu ne penses plus au suicide ?

Non. Mais les gens qui n’ont jamais envie de se suicider me font peur. Les gens qui n’ont jamais envie d’échapper au monde me font vraiment flipper. C’est quand même pas très beau le monde qui nous entoure.

19) Justement pour éviter de faire cette bêtise, as-tu trouvé une autre parade pour échapper à ce monde ?

Oui les micro-suicides ! C’est-à-dire, boire trop, faire un truc trop, draguer trop, voilà des trucs extrêmes, vivre toujours des choses extrêmes. Sur scène, c’est un peu comme quand on baise, on dit que c’est la petite mort, tu sors de là, tu n’es plus personne. Quand je sors de scène et que je ne suis plus vraiment personne, là j’ai fait mon job. Il faut que je vive des choses intenses pour vivre des micro-morts.

La musique te libère d’une chose et t’enchaine à une autre.

Soan : Rencontre avec un artiste touchant et sincère
20) Tu n’as pas peur de trop tirer sur la corde à toujours vivre dans l’extrême ?

Oui, j’ai peur de ça mais je n’ai pas encore trouvé comment faire autrement.

21) Un conseil continue la musique, ça devrait te calmer un bon moment…

(Rire) oui mais la musique amène à d’autres souffrances, car tu vas crever dans toi-même. La musique te libère d’une chose et t’enchaine à une autre. Et puis c’est une drogue très puissante, car quand j’écris pas pendant une semaine, j’ai l’impression d’être personne, si je n’écris pas une phrase, je suis personne.

22) N’aurais tu pas une mauvaise estime de toi-même ?

Probablement, et quand je vois dans la presse que l’on dit de moi que je suis un prétentieux, ça pique un peu. Quand je vois ça je me dis que j’aimerais l’être au moins une journée pour savoir ce que ça fait réellement.

23) Avec le talent que tu as, tu pourrais au moins une journée, jouer les prétentieux…

Oui mais je crois que c’est comme ça que l’on perd son talent…

24) …alors ne le fais pas…

(Rires) C’est gentil

25) QUESTION BONUS : Quelle est la question que l’on ne t’a jamais posé en interview et à laquelle tu aurais aimé répondre ?

(Enorme hésitation) j’en ai aucune idée. Ta question est cool, mais il aurait fallu me prévenir la veille car la question est tout de même compliquée. Je ne sais vraiment pas. J’aurais aimé avoir la question, que je n’aurai pas pu inventer, celle qui me fait tomber sur le cul, et où je me dis putain, elle est vraiment cool cette question, genre ce que tu viens de faire en faite

26) Qu’est ce que je peux te souhaiter pour la suite de ta carrière ?

On peut me souhaite que ce que je mérite. Je ne voudrais pas avoir ce que je ne mérite pas. Quand je fais un album, je n’aimerais pas que l’on me mette dans la même case qu’un mec qui n’est pas auteur-compositeur, j’aimerais qu’on me juge sur ce que j’ai fait de bien ou de pas bien, mais qu’on ne me juge pas avec des conneries. J’aimerais que les futurs jugements sur moi soient vrais.

27) Petite tradition sur ActuaNews.fr, c’est l’invité qui termine l’interview en s’adressant directement aux lecteurs à ses fans, pour adresser le message qu’il souhaite, alors c’est à toi

Entretenez le carnaval du monde, car je trouve que l’on commence à manquer cruellement de fantaisies, et que l’on s’emmerde, et surtout ne croyez pas quelqu’un qui vous dit que c’est impossible car ici rien n’est sérieux et j’espère être une preuve de tout cela.

Merci à Soan pour avoir joué le jeu de l’interview, sans langue de bois, durant laquelle, il a pu démontrer que s’il était un artiste écorché vif, il n’en restait pas moins qu’un homme comme les autres avec ses qualités ses défauts, mais surtout un homme humble, et c’est certainement grâce à cette humilité qu’il tire son grand talent.

« Sens Interdit » son nouvel album est maintenant disponible, et c’est l’album à vous procurer au plus vite. Un album que le chanteur fera vivre sur scène dans une nouvelle tournée dont plusieurs dates sont déjà complète.

Francois Bertin
Rédacteur en Chef qui cherche toujours à vous permettre d'avoir le meilleur de l'information... En savoir plus sur cet auteur

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1.Posté par roulliaux le 07/10/2013 10:49
très bel artiste d'une grande sensibilté "un poète" de la vie quotidienne avec tout ses travers.

2.Posté par Cerise le 07/10/2013 12:34
Merci pour cet interview, qui montre que Soan est un poète, un bosseur, un artiste qui cherche la perfection dans son travail mais apprécie les petit travers, les micromorts et la plaisir de la vie quotidienne. Une très belle interview qui donne envie de le découvrir pour ceux qui serait passer à côté de son talent.

3.Posté par dulette le 07/10/2013 20:25
Super interview, j'adore l'artiste sans trop m'attacher au personnage (c'est ce qu'il fait qui m'intéresse, pas qui il est), du coup c'est un façon intéressante de le découvrir.

Une critique néanmoins : un gros manque d'objectivité dans cette interview. On sent que l'intervieweur est un gros fan ce qui se comprend vu la qualité de l'artiste mais tout de même ... On est pas obligé de toujours brosser dans le sens du poil !

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