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VOLO: l'interview "Sans Rire" (ou presque)

7 Juin 2013 - 09:00

A l'occasion de la sortie de leur dernier album "Sans Rire", Frédo et Olivier Volovitch alias VOLO, reviennent sur la construction de ce dernier opus, leurs méthodes de travail et leurs vies d'artistes.


VOLO: l'interview "Sans Rire" (ou presque)
Frédo et Olivier sont deux frères musiciens, chanteurs, paroliers et parfois acteurs qui nous régalent depuis 2005 de chansons à la fois drôles, émouvantes, nostalgiques, entraînantes ou encore militantes. Rencontre avec deux frangins hors du commun :

Vous revenez cette année avec un cinquième album, cette fois sous le label Play On. Quelle est l’histoire de cet album, pourquoi avoir attendu presque 4 ans et comment s’est-il construit ?

Frédo : Pour préciser, « Sans Rire » est le quatrième album studio, mais effectivement le cinquième si l’on compte un live acoustique qu’on a fait avec Opera-Music. En fait sur notre avant-dernier album sorti en 2009 on a eu un an et demi de tournée et c’était la première fois qu’on avait autant de temps pour défendre un album. Les années précédentes on ne pouvait qu’enregistrer ou tourner au moment des pauses qu’on faisait avec les Wriggles, un groupe dans lequel j’étais sur scène et où le frangin nous accompagnait en régie de tournée. On a donc mis un peu de temps, d’autant plus qu’il fallait qu’on trouve un nouveau partenaire disque, ce qui ne s’est pas fait tout de suite, et puis on voulait se donner une grosse matière d’écritures et de chansons, contrairement aux autres albums qu’on avait toujours écrit dans un temps assez court. La grosse nouveauté sur cet album là, ce qui a aussi pris un certain temps, c’est qu’on avait décidé de lâcher la réalisation et les arrangements des titres, alors qu’on les avait faits sur les trois premiers albums. Il fallait donc rencontrer une équipe, l’idée c’était de se faire surprendre par des gens qui fassent du Volo mais qui ne soient pas nous. On a rencontré Florian Dubos (ex membre du groupe Kyo – ndlr) et Jocelyn Moze qui nous ont proposé des arrangements sur des maquettes guitare-voix qu’on leur envoyait. En studio l’album a été co-réalisé avec Jean-François Delort. Toute cette petite équipe a néanmoins respecté un cahier des charges qui était les « voix Volo » et la guitare sèche qu’on voulait toujours présente dans notre album. On trouve que ça donne une évolution à notre projet! Ce n’est pas une révolution, ça change pas du tout au tout mais ça fait une nouvelle couleur et clairement, ce qui était très amusant, parfois déstabilisant mais toujours surprenant, c’est qu’on aurait pas du tout fait ça sur ces morceaux-là, ça nous a vraiment amené une autre façon de faire du VOLO.

Comment s’est fait le choix des chansons qui figurent sur l’album ? En avez-vous laissé beaucoup « dans les tiroirs » ?

Olivier : Oui beaucoup, on en avait une grosse trentaine voire une quarantaine, par contre la construction de l’album a été assez évidente pour tout le monde parce qu’on l’a construit avec nos partenaires en sachant qu’on pouvait avoir des désaccords mais que dans tous les cas c’était Frédo et moi qui décidions. La manière de composer un album, pour nous, c’est de pouvoir aborder un maximum de thèmes différents, et de construire un parcours pour l’auditeur afin qu’il ait envie d’aller jusqu’au bout de l’album. Dans les chansons qui avaient été écrites il y avait aussi beaucoup de chansons redondantes et on savait qu’elles n’y seraient pas toutes. Entre ce que chacun avait proposé on est assez vite arrivés à cette sélection là. Quant aux chansons qui ont été écrites et qui ne sont pas sur l’album ce sont soit des choses dont on pourra se servir pour nous, soit des choses que l’on peut proposer à des potes ou à d’illustres inconnus…en tout cas elles ne sont pas « enterrées dans un tiroir ».

Sur cet album, à part la chanson « Sans Rire » votre second single que vous avez co-signée, chaque chanson est écrite soit par l’un, soit par l’autre. Est-ce que vous appréhendez parfois de montrer une chanson au frangin ou pas du tout ?

Frédo : Pas du tout, parce que VOLO c’est nous deux. Le but du jeu, pour qu’une chanson intègre l’univers VOLO, c’est qu’elle nous plaise à tous les deux : notre premier public c’est le frangin. Parfois dans des périodes d’écriture où tu ne sais plus où t’en es, où tu ne sais plus si ça vaut le coup ou pas, tu chantes le morceau en te disant que si ça se trouve ça ne va pas du tout et que peut-être le frangin va me faire rebondir, va m’éclairer sur un truc… La plupart du temps on est assez impatient de lui jouer, de savoir ce qu’il va en penser…
Olivier : J’aurais de l’appréhension le jour où j’aurais écrit « Frédo est un grand con » et que je lui jouerais !
Frédo : Oui tiens, comment il va le prendre ?!
(Rires)

Mais est-ce déjà arrivé que vous soyez super fier d’une chanson et que l’autre la trouve nulle ?

Frédo : On ne dit pas c’est nul.
Olivier : Non c’est vrai on ne dit pas c’est nul mais oui c’est arrivé, après soit elle n’est pas dans VOLO et puis tant pis, soit le frangin peut changer d’avis…
Frédo : Et puis l’on n’est pas tout seuls, notre éditeur est présent très vite dans la boucle, notre famille, nos parents… Donc on se prend toujours du recul. Quand on se fait des sessions d’écriture ensemble, parfois le frangin chante sa cinquième chanson en deux jours et je ne sais pas si elle est mieux qu’une autre, je suis crevé à ce moment-là et je lui dis qu’on verra… La chanson circule, on en reparle avec notre éditeur qui a plus de recul, je la ré-écoute une semaine après et puis oui, heureusement que je ne suis pas passé à côté.

Y’a-t-il une chanson dont vous êtes particulièrement fiers ?

Frédo : Alors euh… Ce n’est pas moi qui l’ai écrite mais « Le Medef », je suis bien content qu’on l’ait… Une chanson qu’Oliv’ a faite sur notre petite sœur aussi, mais qui peut parler à tout le monde ("Grand Frère" – ndlr), c’est aussi une chanson où tu te dis : bien joué frangin !
Olivier : Je ne vais pas rentrer dans les chansons de Frédo mais disons que je suis bien fier de VOLO, bien fier d’être dans VOLO. Il n’y a pas de chansons en particulier qui me rendent plus fier... Je suis fier de toi Frédo ! (Rires)

La chanson « T’es Belle » était déjà présente sur l’album « Jours Heureux », pourquoi avoir choisi de la réenregistrer et de la réarranger ?

Olivier : C’était une demande de nos partenaires et des arrangeurs, une envie dont on n’était pas le moteur mais on n’était pas contre. Des gens nous ont demandés pourquoi on avait réarrangé cette chanson-là plutôt qu’une autre, l’explication un peu de base c’est que c’est une chanson qui a été très plébiscitée sur le net, plus que le reste de notre répertoire, et comme on s’en était jamais servi dans les médias et qu’on n’avait jamais défendu ce titre-là, ça nous intéressait de la rafraîchir et notre partenaire disque aimait aussi l’idée d’avoir cette petite cartouche-là en plus.

D’une manière générale, les arrangements sur cet album sont beaucoup plus épurés que sur le précédent et font la part belle à votre instrument fétiche : la guitare. Quelle est votre histoire avec cet instrument ?

Frédo : Pour tous les deux c’est vachement important. Je me souviens qu’une fois à 20 ans je suis parti à l’étranger trois semaines et je n’ai pas emmené ma gratte parce que je prenais l’avion et que ça allait être compliqué, j’ai vécu trois semaines sans ma guitare et je me suis dit : plus jamais ! Après on est attachés à la chaleur d’une guitare nylon, le bois, la douceur de la corde… C’est ce qu’on utilisait dans les Wriggles et le frangin – comme beaucoup d’autres – avait une guitare sèche…

Olivier : Oui, j’ai appris dessus, j’essaye ou plutôt j’essayais de faire un petit peu de folk mais pour l’instant, même si ça reste une guitare, je préfère les cordes nylon... Mais moi j’arrive à me séparer de ma guitare trois semaines, contrairement à Frédo.

Êtes-vous autodidactes ?

Ensemble : Oui.

Dans les visuels de l’album on vous voit dans des champs jouant avec des manches à air, pourquoi ?

Olivier : C’était très rigolo, on a fait ça avec une camarade photographe originaire de Tours dont on aime beaucoup le travail : Dorothy Shoes. Elle a eu envie de manches à airs, on en a commandé, on s’est retrouvés avec des manches à air et des mâts et on ne savait pas ce qu’on allait en faire du tout... Et puis on s’est marré une après-midi en Touraine, il y a des photos où l’on se bagarre avec, des photos où l’on se court après, celles qui font les visuels. Mais il n’y avait pas vraiment de justification à part qu’on s’entendait bien avec cette pote photographe, qu’elle avait envie de manches à air et que ça nous a fait marrer ! Même elle, quand on lui a demandé elle ne savait pas pourquoi, c’était un délire de photographe, elle avait dû trouver que l’objet était intéressant artistiquement… Les hasards !

VOLO: l'interview "Sans Rire" (ou presque)
Avez-vous tourné le clip de « Sans Rire » dans la foulée de cette session photo ?

Frédo : Non non, c’était plein de mois après et pour le coup on s’est dit que ce serait marrant de ramener les manches à air !

Sur cet album, les thèmes de la politique et de l’économie sont beaucoup moins présents que dans le précédent, était-ce une volonté de votre part ou est-ce que ça s’est fait plutôt naturellement ?

Frédo : Ca s’est fait assez naturellement, dans le choix des chansons il y avait un bon paquet de chansons politiques, indéniablement on a moins réussi à nous satisfaire de ce qu’on écrivait à ce moment-là. Sur la crise, le libéralisme et l’économie, qui sont des sujets qui nous tiennent à cœur, on trouve qu’on a des chansons qui sont encore bien d’actualité, que ce soit « Le Medef » ou « Réguler » et qu’on fait d’ailleurs encore en concert. La question c’est : est-ce qu’on peut arriver à faire quelque chose de plus pertinent là-dessus ? On n’a pas réussi. Effectivement si les gens qui nous connaissent étaient habitués à un bon tiers de chansons, on va dire politico-sociales, sur cet album c’est sûr qu’il y en a moins.

Olivier : C’est une question qu’on nous pose parce qu’on pense qu’on l’a fait exprès mais c’est pas du tout le cas, on a juste échoué ! (Rires)

La seule chanson un peu politique de ce dernier album c’est « Aucun Doute », est-ce que les Volo d’il y a 8 ans auraient pu écrire « Si j’assume, aucun doute, j’ai un copain de droite » ?

Frédo : Ah ça je ne sais pas…

Olivier : En tout cas ce n’est pas que ça nous intéresse plus. Les choses vont très vite et on aime aussi se dire qu’on fait des chansons qui sont capables de tenir plusieurs années. « Réguler » est encore très d’actu en ce moment malheureusement, mais savoir si dans six mois une chanson aura encore de la gueule, c’est un risque qu’on ne veut pas prendre.

Après toutes ces années, comment ressentez-vous les instants sur scène aujourd’hui ? Avez-vous déjà ressenti une certaine lassitude ?

Olivier : Il n’y a vraiment pas de lassitude pour ma part. Frédo ça fait un bout de temps qu’il fait de la scène, il en faisait déjà quand on a commencé Volo et dans un registre de comédien, moi j’ai mis du temps à me sentir à l’aise sur scène, ou juste à l’aise à jouer mes chansons devant des gens, et ça c’est quelque chose qui progresse pour moi donc je suis très content.

Frédo : La scène c’est notre finalité, c’est pour ça qu’on fait notre métier. Bien -sûr on est super contents quand les gens font vivre nos chansons tout seul, au coin d’un feu, dans des soirées, avec des copains, c’est vraiment pour ça qu’on fait ce boulot-là : pour que les chansons soit partagées. Quand on est là pour le faire physiquement avec un public, c’est ça le but ultime. On est vraiment contents d’avoir des dates, des tournées, de se retaper de gros tracs, de ne plus savoir où on habite et puis des fois d’être très à l’aise. Il n’a pas de lassitude aussi parce qu’on a fait notre première grosse tournée en 2010 et que les tournées d’avant étaient très courtes donc il y a des chansons qu’on ne joue plus dont je n’ai pas eu le temps de me lasser.

Olivier tu as récemment signé quelques titres sur les derniers albums de Zaz et d’Alizée, comment cela s’est fait et as-tu envie de continuer d’écrire pour les autres ?

Olivier : C’est surtout Frédo qui a signé des chansons pour Zaz, moi j’ai collaboré à l’écriture d’un texte. C’est un boulot que notre éditeur nous a proposé de faire, que l’on commence à faire et qui nous intéresse, c’est une autre manière de faire le métier. Pour Zaz ça a été d’autant plus intéressant qu’on a pu la rencontrer, partager des moments avec elle et c’était une belle rencontre artistique et humaine. Alizée c’est encore autre chose, ce sont des chemins un peu compliqués. Le texte que j’ai fait j’en suis content mais au départ ce n’est pas Alizée qui m’a dit qu’elle voulait que j’écrive pour elle, c’est un texte que j’ai fourni à mon éditeur, qui a été arrangé par quelqu’un d’autre et qui s’est retrouvé un an après sur l’album d’Alizée. On découvre ce boulot-là, ça nous intéresse mais il y a plein de manières de le faire : il y a des gens que tu ne rencontres jamais et qui vont avoir un bout de ton travail sur leur album comme Alizée, et il y a des gens que tu rencontres comme Zaz, après je ne sais pas ce qu’il peut y avoir comme autre configuration… On a mis du temps, je me sentais incapable de faire ça, mais aujourd’hui je trouve ça assez intéressant.

Frédo, tu tournais il y a quelques temps avec ton one man show « Est-ce qu’il y a des morts ? », est-ce que le théâtre te manque?

Frédo : Oui, c’est pour ça que j’ai fait ce spectacle-là. Avec le frangin on est sur un univers très concert, très chansons, même si on s’amuse à faire des petites vidéos jouées pour faire notre auto-promo, on a un spectacle avec quelques interactions mais dans lequel il n’y a pas de jeu pur. Quand j’ai su que j’arrêterai les Wriggles, l’idée m’est venue assez vite de reprendre un peu de jeu, mais c’est aussi une façon de raconter des choses dans des formats autres que la chanson. Ca m’intéressait d’aborder des sujets avec lesquels je me battais depuis plusieurs années, et qu'en chanson je n’arrivais pas à traiterjusqu’au bout. Donc oui, j’y reviendrai.

Et bien je vous remercie tous les deux pour ces réponses, je voulais terminer cette interview par un petit questionnaire de Proust, donc allons-y !

Le principal trait de votre caractère ?

Frédo : Joyeux
Olivier : Inquiet

Ce que vous appréciez le plus chez vos amis ?

Frédo : L’humour
Olivier : La sincérité

Votre principal défaut ?

Frédo : Impatient
Olivier : L’inquiétude

Votre rêve de bonheur ?

Frédo : Collectif
Olivier : Ah oui c’est bien ça bravo, je vais dire pareil !

Vos héros de fiction favoris ?

Frédo : Gaston Lagaffe
Olivier : Jean Valjean

Vos héros dans la vie réelle ?

Frédo : Allende
Olivier : Rosa Luxemburg

Votre couleur préférée ?

Frédo : Le vert
Olivier : Le rouge

Le don de la nature que vous aimeriez avoir ?

Frédo : Voler
Olivier : Euh…
Frédo : Danser non ?
Olivier : Oui danser, pff…

Votre devise ?

Frédo : Carpe Diem
Olivier : Allez !

Si cet interview vous a plu, Actuamusic vous invite à découvrir sans plus attendre l'excellent album de VOLO "Sans Rire" sur Deezer et iTunes.

Découvrez le clip du second single de VOLO, "Sans Rire":


Manon Raineri
Passionnée de musique bien-sûr, mais aussi de littérature, de cinéma, d'histoire et de patrimoine,... En savoir plus sur cet auteur

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